Photo: Marie-Reine Mattera

Stefano Faita est-il un imposteur?

Pendant longtemps, Faita lui-même, croyait que la réponse à cette question était oui.

« J’ai longtemps vécu en croyant que j’étais un imposteur dans le monde de la cuisine parce qu’on m’appelait chef Stefano… Je ne suis pas un putain de chef! »

« Tu dois savoir qui tu es », déclare Faita.

« Je me sentais mal parmi mes pairs; mes amis chefs ont tous étudié et ils ont suivi une formation officielle, alors que moi, pas- je me disais, genre, je ne suis pas un putain de chef; ce n’est pas qui je suis. »

Pendant une longue période de sa vie, il a éprouvé des difficultés avec cet aspect de son identité.  « Puis, un jour, j’ai su qui j’étais vraiment! »

Un gars qui cuisine bien, qui prépare de la vraie bonne bouffe italienne à partir de vieilles recettes de famille, qui adore se retrouver en face de la caméra, et qui est passionné par son travail.

Il possède assez d’énergie pour alimenter une petite génératrice… Il est irrévérencieux, direct, et spontané.  Il est authentique dans tout ce qu’il accomplit; de plus, il est vraiment loin d’être un imposteur dans son milieu!

Photo: Marie-Reine Mattera

Fort de son succès à la télé, Faita et son partenaire et chef, Michele Forgione, sont partis sur une offensive en ouvrant trois restaurants en trois ans (Impasto, Gema, and Chez Tousignant).

« J’ai appris de ma grand-mère, j’ai appris de ma mère; j’étais curieux. J’ai consulté des recettes dans des livres de cuisine, je les ai personnalisées et me les suis appropriées », dit-il. Lorsqu’ils ont ouvert les restaurants, Stefano savait qu’il devait se trouver un partenaire qui avait l’expérience qui lui manquait; et Mike (Forgione) était le bon gars.

L’entente était que Mike se chargerait de la cuisine, tandis que Stefano se chargerait de la partie restaurant, du marketing et de la promotion.

Cet automne, les partenaires se sont plongés dans le domaine du commerce de détail et produisant quatre sauces gourmet pour les pâtes, sous la marque éponyme STEFANO. Les sauces sont disponibles chez IGA, dont Stefano est l’ambassadeur depuis 4 ans, à la quincaillerie Dante et dans d’autres épiceries fines.

« Je me sentais mal parmi mes pairs; mes amis chefs ont tous étudié et ils ont suivi une formation officielle, alors que moi, pas- je me disais, genre, je ne suis pas un putain de chef; ce n’est pas qui je suis. »

L’idée de créer des sauces en conserve  a d’abord surgi à l’époque où Stefano et sa mère avaient, une fin de semaine par an durant l’automne, un kiosque au marché Jean-Talon, où ils faisaient la démonstration de la préparation de tomates en conserve. « Quand nous faisions ces démonstrations, nous apportions des tomates que nous avions déjà mis en conserve à titre d’exemple ». Il y avait des tonnes de demandes pour acheter nos tomates en conserve. Avec cela en tête, combiné à la demande d’IGA que je leur propose des produits et Mike à mes côtés, ma ligne de sauces voyait le jour…

Les deux partenaires se sont investis dans le processus de création de ces sauces de A à Z; de la recette, au choix du bocal – en passant même par le type de couvercle. Stefano et son équipe ont procédé à des tonnes dégustations de diverses sauces, locales et en provenance des É-U. « Nous devons avoir goûté à au moins une cinquantaine de sauces différentes. À notre grande surprise, très peu d’entre elles étaient bonnes ».

Ils savaient qu’il serait important d’offrir un produit de qualité à prix abordable. La sauce principale, une sauce rouge au basilic, serait similaire à celles offerte par Impasto. Cependant, parce que les quantités de tomates locales ne suffiraient pas à la production à grande échelle, ils ont opté pour des tomates de Striano, un petit village en bordure de Naples en Italie.

L’autre challenge pour les partenaires, résidait dans le choix du nom de la marque de commerce… «  Allons-nous l’appeler Impasto, ou un autre nom? Michele? Ou alors Stefano?

Bien plus qu’un nom, Stefano est devenu une marque de commerce. « Alors que nous bâtissions cette marque, nous avons réalisé que Stefano, ce n’est plus juste moi personnellement, c’est Stefano la marque de commerce ».

Maintenant âgé de 41 ans, Stefano a fait le tour de la question du monde culinaire “québécois”.  « Je ne me sens plus comme un imposteur.  C’est qui je suis.  Je suis un peu comme ma mère, je me mets le nez un peu partout; j’arrive difficilement à me distancer de mes affaires ».

De notre côté, on aime bien que Stefano se mette le nez dans de tels projets, et on a bien hâte de voir ce qu’il cogite pour l’avenir.

En attendant, on vous souhaite « buon appetito»!