Photo: Marie-Reine Mattera

Je connaissais déjà Marina Orsini à travers les médias et une partie de son œuvre, mais c’est une toute autre expérience de la côtoyer en entrevue. Elle est d’une générosité authentique, volubile et très curieuse de savoir qui se trouve devant et autour d’elle. C’est une Montréalaise de souche, ayant grandi à Ville-Émard où ses parents se sont installés quand ils ont émigré au Canada. Son père est arrivé au pays en 1957 en navire via Halifax, comme la plupart des immi- grants européens des années 50. Marina parle de ses parents avec beaucoup d’admi- ration. Elle raconte comment son père est le seul membre de sa famille à être demeuré au Canada, alors que les autres membres de sa famille, qui était également venus en Amérique, sont retournés dans les régions de Rome et des Marches.

Son père, comme beaucoup d’immigrants de l’époque, a travaillé très fort. Il était à l’emploi de la Sidbec Dosco, une grande compagnie d’acier pour ensuite devenir commis voyageur, vendant des vêtements pour femme « Mon père était un homme extrêmement élégant, toujours soucieux des détails, typique des Italiens qui veulent faire bonne impression. » D’ailleurs, sa mère avait une boutique de vêtements pour dame à Ville-Émard, qui s’appelait « Marina », et elle dit s’être beaucoup inspirée de sa mère, « elle était une femme très élégante et avait beaucoup de goût. » Marina Orsini puise dans sa nostalgie pour réinventer son présent. Elle parle de ses parents comme des piliers dans sa vie, qui ont eu non seulement le sens de l’entrepreneuriat, mais aussi qui ont su se réinventer toute leur vie. Cependant, le dénominateur commun entre Marina et ses parents est l’amour pour les gens qui les entoure.

Elle raconte comment, depuis sa tendre enfance, les dimanches étaient sacrés ; c’était la journée consacrée au diner de famille, la sauce qui mijotait dans la cuisine, l’émission italienne «T eledomenica » jouait à la télé et la journée était empreinte de cette convivialité dont les Italiens font preuve.

Marina Orsini est une personne profondément altruiste, intéressée par ceux qui l’entourent, une sorte d’anthropologue, d’une curiosité inépuisable et qui veut découvrir tout ce qui se passe autour d’elle.

« J’ai grandi à l’école anglaise, et le samedi j’allais à l’école italienne puisque c’était la coutume pour les parents d’envoyer leurs enfants à l’école italienne le samedi, question de préserver la langue et la culture. »

Photo: Marie-Reine Mattera

Elle parle de l’église San Giovanni Bosco où ses parents se sont mariés, où elle a été baptisée, où elle a vécu beaucoup de cérémonies incluant les funérailles de son père décédé à l’âge de 52 ans.
C’est grâce à l’émission « Qui êtes-vous » sur ICI-ARTV qu’elle avoue avoir découvert toute l’histoire de son père ainsi que celle de sa mère, Verna Young, d’origine écossaise.

Marina est consciente de l’apport des Italiens et autres immigrants qui ont contribué à façonner le Québec. Elle a d’ailleurs été très touchée quand elle a été honorée par la communauté italienne, il y a quelques années. C’était une source d’orgueil et un véritable sentiment d’appartenance pour Marina.

Malgré le fait qu’elle a habité en Estrie, près d’Hatley pendant une vingtaine d’années, où elle a donné naissance à son garçon, Thomas, maintenant âgé de 15 ans, Marina est retournée vivre à Ville-Émard, lieu de ses racines et de son enfance. Elle vit les choses intensément et raconte comment, la naissance de Thomas, a permis de prendre conscience de tout l’amour qu’elle a reçu de ses parents. « C’est une très grande responsabilité d’élever un enfant, mais du même coup, une énorme récompense. Ce qui est rassurant, c’est de voir que toutes les valeurs que son père et moi lui avons transmises, émergent maintenant. »

Marina a toujours été proactive avec la tête pleine d’idées. Elle se rappelle que dans sa chambre, alors qu’elle était une enfant, elle s’imaginait en train d’animer des émissions de radio ou télé. Elle créait des scénarios et avait le profond désir de poursuivre ce qui allait devenir sa carrière. Inconsciemment, elle faisait certai- nement de la projection.

La carrière de Marina Orsini a commencé à l’adolescence, « À 16 ans, j’étais en Europe pour quelques mois et il y avait les auditions de Lance et Compte ; vous connaissez la suite. »
Parallèlement au rôle de Suzie Lambert qu’elle incarne dans la populaire série, Marina exerce également le métier de mannequin tout en participant à des castings pour des émissions de télé. La suite logique était le théâtre qui lui permit d’approfondir son contact avec le public. C’est un collègue qui l’a dirigée vers ce qui allait devenir la prochaine étape dans son cheminement, la radio. « La radio est devenue une très grande passion pour moi. Là, j’avais la chance d’être moi-même, de ne pas jouer de rôle…et ce à partir de 35 ans. Je n’aurais pas pu le faire à 20 ans, je n’étais pas rendu là dans mon cheminement de carrière. »

Marina a participé à de nombreux tournages où elle tenait des rôles principaux. Elle a aussi été récompensée de prix Gémeaux en 1990 et 1991.

Au-delà de ses rôles dans les medias, elle est aussi marraine pour la Fondation LucilleTeasdale et Piero Corti qui ont ouvert un hôpital en Ouganda, devenu le plus grand en Afrique équatorial. Marina a incarné la Dre.Teasdale dans le rôle principal du téléfilm « Dr. Lucille, Un sogno per la Vita » diffusé à CTV et qui a été traduit en français pour Radio-Canada.

Elle a aussi beaucoup d’estime pour le consul général d’Italie à Montréal, Marco Riccardo Rusconi qui s’implique activement dans une campagne de financement pour cette fondation. Son intention est d’organiser un repas festif où les gens, une vingtaine de personnes, auront l’occasion de manger avec Marina, et courront la chance de gagner un voyage en Italie. C’est en partenariat avec le restaurant Bazzali que ce concours sera lancé.

« C’est une très grande responsabilité d’élever un enfant, mais du même coup, une énorme récompense. Ce qui est rassurant, c’est de voir que toutes les valeurs que son père et moi lui avons transmises, émergent maintenant. »

« Présentement, j’ai trop d’émissions de télé mais j’aimerais éventuellement revenir à la radio. J’aime beaucoup faire des voix mais surtout d’être en direct, dans le trafic avec le monde, l’amour pour la musique mais surtout l’amour des gens. »

Ses préférences musicales : la musique des années 80 et les années disco, mais également l’époque de ses parents, la musique des années 40 et 50. « J’aime beaucoup les chanteurs italiens comme Umberto Tozzi, Claudio Baglioni et Renato Zero qui est comme l’Elton John d’Italie. »

Ses préférences mode : « J’encourage les designers québécois : Marie Saint-Pierre, Muse, Christian Chenail, Nadya Toto, ce sont des créateurs extraordinaires. »

Ses préférences bouffe : « Je fais beaucoup à manger, des repas très traditionnels comme ceux de ma mère qui a appris de sa belle-mère ; spaghetti, lasagne, je suis une gourmande, très épicu- rienne. Mon repas fétiche ? La lasagne de ma mère avec des petites boulettes comme lorsque j’étais plus jeune. »

Son mentor : « Ginette Achim, mon agente depuis que j’ai l’âge de 14 ans. Elle m’a influencée et elle est comme une grande sœur pour moi, elle m’a enseigné des bonnes valeurs ; elle était une des juges quand j’avais participé à mon premier concours de mannequin. »

Sa plus grande inspiration : « Ma mère a été ma plus grande inspiration. J’admire Les femmes qui sont à la barre d’émissions comme Christiane Charrette, Marie-France Bazzo, Marie-Louise Arsenault, Céline Galipeau. J’admire leur intelligence et leur excellence. Par contre, même un parfait inconnu pourrait m’inspirer. »

Marina aime le style, l’amour des tissus, une belle coupe, ça vient de sa mère. « Mon amoureux, Charles Benoit, est un homme extrêmement élégant et j’ai craqué pour cet homme avec sa chemise blanche. Elle aime les choses raffinées, « on a besoin de beauté dans nos vies. Le beau, la simplicité c’est ce qui compte, l’essence même des choses. »

« Au-delà de l’entrepreneuriat, j’aime les gens, l’amour des gens; tout comme mes parents qui étaient dans le public. »

Grazie Marina, pour ta générosité et ton ouverture !