Photo: Joey Franco

Avec des ventes de plus de 300 millions d’exemplaires , la cafetière Moka Express est devenue l’un des symboles du savoir-vivre à l’italienne. La macchinetta (petite machine) est souvent appelée cafetière italienne. Cette icône née dans les années 30 est devenue un objet design, exposé dans de nombreux musées d’art moderne à travers le monde.

On doit l’origine de cet objet familier à Alfonso Bialetti, ingénieur italien qui la créa en 1919 à Crusinallo, dans le Piémont. Passionné de design, Bialetti transforme rapidement sa fonderie en un studio de design travaillant principalement l’aluminium. En 1933, il décide de créer une cafetière à expresso que l’on peut utiliser sur la cuisinière à la maison.

Jusqu’en 1940, les ventes demeurent locales car Alfonso Bialetti commercialise ses cafetières uniquement sur ces marchés. Malgré cela, il vendit 70 000 cafetières en 6 ans. La Seconde Guerre mondiale mettre un frein car elle rendit le café et l’aluminium très rares. Alfonso Bialetti est obligé de mettre ses affaires sur la glace. En 1946, son fils, Renato Bialetti, reprend les rênes de l’entreprise. et se concentre sur un seul produit : la Moka Express. Il en fait la promotion par une grande campagne d’affichage publicitaire dans la région de Milan, puis ensuite dans toute l’Italie.

À la Fiera di Milano de 1956 on peut voir une reproduction géante d’une Moka Express en train de verser un expresso.

Le succès ne se fait pas attendre, suscitant par le fait même de la contrefaçcon. Ainsi Renato Bialetti réalise que seul un marketing fort assurera la pérennité et le succès de la marque Bialetti. Ce dernier, ne manquant point d’humour; contribua à l’identité de marque mémorable qu’est « l’omino con i baffi », le petit homme à la moustache, qui est en fait, sa caricature créée par le dessinateur Paul Campani. Dès 1956, Bialetti se dotte d’une usine ultra-moderne à Omegna dans le Piémont.

La gamme s’élargit pour offrir des capacités allant de 1 à 18 tasses. En 1986, Renato Bialetti prend sa retraite et cède ses parts dans l’entreprise au groupe Faema. La marque conserve toujours le design qui a fait son succès et n’a pas pris une ride, mais suit l’évolution des technologies en proposant par exemple depuis 2010 des modèles compatibles avec les plaques à induction. En 2010, l’usine d’Omegna ferme et la production relocalisée en Turquie, en Inde et en Roumanie.

Renato Bialetti (l’homme à la moustache), fils de l’inventeur de la cafetière Moka décéde en 2016, ne manquant toujours pas d’humour, choisit une Moka Express géante comme sépulture.